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RICH COMMERCE (27/2/09)
- De même que
le rich media regroupe les applications Internet qui intègrent
plusieurs médias (son, image, vidéo), le rich commerce
rassemble les dispositifs de vente qui mettent en œuvre les ressources
d’animation de l’image les plus récentes.
- Grâce aux
technologies actuelles, on peut désormais proposer sur les sites
web des animations personnalisées légères.
- Les créatifs
ne manquent pas de se laisser inspirer.
- C’est ainsi
que le consommateur peut simuler sur un mannequin l’effet d’un
choix de vêtements, ou sur une photo de lui-même l’apparence
d’une monture de lunettes.
- Mais le rich commerce,
parfois aussi appelé R-Commerce, ne se limite pas au web.
- On commence à
voir, par exemple, des applications d’écrans tactiles dans
les galeries marchandes.
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KRACH (26/2/09)
- C’est en
1873 que le terme krach apparaît lors des crises boursières
de Vienne et de Berlin.
- Le mot a la même
signification que le crash anglais.
- Lorsque la formule
krach s’impose en France, elle signifie d’emblée
désastre boursier.
- Ce n’est
que par la suite qu’on prit l’habitude de la décliner
en krach immobilier, krach obligataire, etc.
- Stricto sensu,
un krach boursier est donc un pléonasme.
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HYPOCORISTIQUE (25/2/09)
- Comme Monsieur
Jourdain la prose, nous pratiquons tous l'hypocoristique sans généralement
le savoir.
- Du grec hypokoristikos
(cajoler, caresser), l'hypocoristique est le fait d'utiliser des diminutifs
affectueux, formés avec des suffixes ou par redoublement
- Le même terme
désigne la partie et le tout
- On le rencontre
également en qualité d'adjectif
- Les mots sœurette
et fifille sont des diminutifs hypocoristiques
- Jeannot et Pierrot
sont des hypocoristiques dérivés de Jean et Pierre
- Et lorsque la duchesse
de Guermantes donne du Mémé au baron de Charlus, elle
fait dans l'hypocoristique mondain (notez le masculin)
- Certaines langues
sont particulièrement adeptes des diminutifs affectueux : le
russe ("Valodia" pour Vladimir) ou l'espagnol qui étend
même son champ hypocoristique aux noms communs ("mañanita").
L'anglais n'est d'ailleurs pas de reste : témoin ce "yestie"
australien (pour "yesterday")
- En anglais, hypocoristic,
tout simplement.
P.S. : L'on me
dit que “yestie” ne serait pas une formation hypocoristique
de la forme yest + ie, mais tout simplement une transcription phonétique
du mot tel qu’il serait prononcé par un Australien
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ETRE
CONFORTABLE (24/2/09)
- En français,
l’adjectif confortable s’applique normalement à la
chose et non à la personne.
- Il n'y a pas si
longtemps, on disait qu’un fauteuil était confortable.
On ne disait pas qu’on s’y sentait confortable.
- Et puis nous est
venue d'outre-Manche et d'outre-Atlantique l’habitude de nous
donner du confortable à nous-mêmes. Déformation
classique.
Etre ou se sentir confortable, c’est être à l’aise.
- Ainsi, un manager
se déclarera confortable avec son budget quand il a confiance
et sait qu’il a de la marge, ou un technicien sera confortable
avec les délais qu'il aura calculés larges.
- La résistance
s'organise pourtant.
- Il blesse, dans
cette acception déformée, l’orthodoxie syntaxique.
- Il rejoint les
bataillons d'anglicismes déjà bien implantés chez
nous, mais son emploi "en miroir" engage la responsabilité
du locuteur.
- On n’y fait
pas appel à la légère.
- Ceux qui se risquent
à être confortables sont peut-être plus dignes de
confiance que d’autres.
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MACEDOINE (19/2/09)
- L'histoire récente
l'a rappelé : les Balkans constituent un imbroglio de nationalités
enchevêtrées.
- Au coeur de cette
poudrière qui devait conduire à la première guerre
mondiale : la Macédoine.
- La métaphore
est historiquement datée : c'est au tournant des XIXè
et XXè siècles, lorsque la Question d'Orient était
de toutes les rencontres diplomatiques, que s'est imposé le nom
de Macédoine pour ces salades dont la diversité des ingrédients
fait la saveur.
- Mais les habitants
de l'ex-Yougoslavie nous le rendent bien : ces mêmes salades,
à Belgrade tout comme à Skopje, on les appelle salades
à la... française.
- C'est le discours
du berger à la bergère.
- On voit toujours
midi à sa porte.
- Equivalent... idoine
en anglais (avec la même connotation péjorative) : mixed
bag
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REMARQUABLE (18/2/09)
- Le 20 septembre
2007, le président de la République accorde un entretien
télévisé à Arlette Chabot pour France 2
et Patrick Poivre d’Arvor pour TF1.
- Les observateurs
constatent que le chef de l’Etat utilise 27 fois le mot remarquable.
- En sont ainsi gratifiés
: Angela Merkel, François Fillon, Xavier Darcos, Valérie
Pécresse, Bernard Kouchner, Fadela Amara, Cécilia Sarkozy,
Claude Guéant, et collectivement les collaborateurs du président
à l’Elysée.
- L’adjectif
remarquable vient pour l’essentiel en accompagnement du mot travail.
- Projeté
brutalement dans l’actualité, le statut du mot remarquable
change immédiatement dans le langage de l’entreprise.
- Certains l’utilisent
d’autant plus qu’il se trouve consacré au plus haut
niveau.
- D’autres
s’en méfient pour la même raison.
- Mais remarquable
disparaît du langage présidentiel aussi soudainement qu’il
l’avait envahi.
- Le mot retrouve
sa liberté : on recommence à dire remarquable dans les
échanges professionnels sans arrière-pensée.
- Jusqu’au
5 février 2009, où cet adjectif qui ne passe pas inaperçu
est à nouveau convoqué dans l’interview qu’accorde
le président de la République à la télévision.
- Cette fois, c’est
la garde des Sceaux, sur le départ, dont le boulot se voit qualifié
de remarquable.
- S’il exprimait
l’encouragement en 2007, le mot résonne alors comme une
consolation.
- Hier winner, le
voilà plutôt loser.
- Dans l’incertitude,
mieux vaut donc sans doute s’abstenir de l’utiliser, ou
alors, en anglais : significant.
- Et se reporter
sur : admirable, bath (pour mémoire), beau, bluffant, brillant,
considérable, distingué, éblouissant, éclatant,
émérite, éminent, épatant, étonnant,
excellent, exceptionnel, extraordinaire, fameux, formidable, fort, frappant,
génial, glorieux, incomparable, insigne, magistral, marquant,
mémorable, notable, rare, saillant, signalé, singulier,
super, surprenant, top, transcendant, trop, trop fort…
HEDGE
FUNDS (17/2/09)
- Selon qu’on
le traduit par fonds alternatif ou fonds de couverture, le hedge fund
prend, dans l’imaginaire collectif, une allure différente.
- Apparus dans les
années 50, mais surtout actifs depuis vingt ans, les hedge funds
sont des fonds gérés de façon hétérodoxe.
- Pour certains,
la différence par rapport à une gestion classique peut
venir du fort effet de levier par endettement qu’ils s’autorisent,
ou d’un goût particulier pour les produits dérivés
: ces fonds sont spéculatifs.
- Pour d’autres,
ce peut être au contraire le fait de n’investir que dans
l’économie solidaire : ces fonds relèvent de l’investissement
socialement responsable.
- Le monde des hedge
funds est donc comme une auberge espagnole, partiellement en marge de
l’establishment financier.
- Du fait de leur
position atypique, les hedge funds se sont vu reprocher une «
complicité » dans la crise des subprimes.
- Il y a, certes,
des hedge funds collés dans la crise des subprimes, mais tout
le système financier est impliqué.
- Si les hedge funds
ont une réputation contrastée, c’est sans doute
qu’ils incarnent aisément la main invisible qui, dans certaines
imaginations, gouvernerait les marchés.
- Mais peut-être,
paradoxalement, ces mêmes hedge funds sont-ils la clé de
la crise des subprimes, en rachetant les mauvais crédits ?
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FINANCIERE
OU BONNE FEMME ? (16/2/09)
- Dans le langage
de la gastronomie, est cuisiné à la financière
ce qui est accompagné d'une garniture riche.
- Par opposition,
une garniture pauvre est dite à la bonne femme.
- La sauce financière
est la plus courante des préparations à la financière.
- C'est l'élément
de base de garniture pour les bouchées à la reine, les
"vol-au-vent" et les quenelles.
- On peut la réaliser
avec du poulet, de la dinde, du jambon blanc, etc.
- La sauce financière
comporte généralement des champignons et est souvent arrosée
de Madère.
- Mais il existe
de nombreuses variantes.
- En cuisine comme
à la bourse, la sauce financière demeure entourée
de quelque mystère.
- Et certains se
félicitent parfois de lui préférer la sauce bonne
femme !
- Gravy
vs sauce ?
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MIDDLE OUT (15/2/09)
- Les approches bottom
up et top down sont passées dans le langage commun.
- Bottom up, c’est
le processus, notamment managérial, qui part du particulier pour
s’élever à la généralité, qui
s’appuie sur la connaissance de terrain pour promouvoir les choix
stratégiques.
- Top down, c’est
le cycle inverse, consistant à poser un principe puis à
en décliner les applications, ou à décider au sommet
et faire exécuter à la base.
- Une troisième
formule pourrait bien rivaliser prochainement avec ces deux expressions
déjà installées : middle out.
- Issu du jargon
informatique, middle out caractérise les dispositifs régis
par les corps intermédiaires, le middle-management lorsqu’on
est dans l’entreprise.
- Le « centre
», c’est généralement le lieu où la
théorie et la pratique se confrontent : espace de savoir, d’expérience,
de mémoire.
- Pratiquer le middle-out,
c’est donner la parole aux équipes intermédiaires,
c’est souvent faire parler le bon sens.
- A l’heure
de la remise en cause des modèles de management, le middle out
semble promis à un bel avenir.
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PROCRASTINATION (13/1/09)
- Certains sont meilleurs,
et le savent, en travaillant dans l'urgence.
- D'excellents élèves,
des commerciaux brillants, des écrivains puissants, ne donnent
ainsi le meilleur d'eux-mêmes qu'en se mettant à l'oeuvre
à la dernière minute.
- Mais l'attitude
qui consiste à toujours reporter à plus tard ce qu'on
pourrait ou devrait faire maintenant est généralement
considérée par les pyschologues comme une pathologie,
connue sous le nom de procrastination.
- De pro (devant),
en avant et cras (demain).
- Peut-on y remédier
?
- Une équipe
de chercheurs allemands de l'université de Constance s'est livrée
à une série de tests qui révèlent que nous
passons plus vite à l'action si l'on nous propose des tâches
concrètes que lorsqu'on nous soumet des questions abstraites.
- Ainsi, à
un enfant présentant des signes de procrastination, mieux vaut
dire "apprends ta leçon de français" plutôt
que "va faire des devoirs".
- Ou à un
commercial "quel est ton chiffre d'affaires ?" plutôt
que "tu me donneras ton reporting".
- Les publicitaires
le savent bien qui, lorsqu'il s'agit de vendre, donnent à leurs
messages un contenu précis et concret.
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BLACK HATS, WHITE HATS (12/2/09)
- Peut-être
certains des Black Hats portent-ils un chapeau noir, mais on ne le sait
pas parce qu’il est rare qu’on les rencontre.
- Le monde des hackers,
ces pirates « bidouilleurs » d’Internet, se répartit
en effet en deux ensembles :
- les White Hats,
dont la philosophie est de dévoiler les failles de sécurité
qu’ils découvrent, les Black Hats, dont les intentions
criminelles sont dominantes.
- Ces chapeaux blancs
et noirs viendraient de la tradition des westerns.
- Au far west, le
bon porte souvent une tunique et un chapeau blancs, alors que le méchant
est en noir.
- On a retenu le
même code couleur sur le net.
- Et peut-être
y aurait-il matière à filer plus en avant la métaphore.
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LA
SAINT VALENTIN MULTILINGUE : esbroufe en 135 langues ! (voir
le pdf) (10/2/09)*
La fête
des amoureux est célébrée le
-
14
février : Autriche, Canada, Danemark, France, Allemagne,
Italie, Espagne, Royaume Uni, Etats-Unis,
-
le
17 février au Japon
-
le
12 juin au Brésil
-
le
20 août en Chine
AVOIR LA DALLE (10/2/09)
- C'est au XIVème
siècle qu'apparaît le mot dalle, issu de l'ancien nordique
daela, signifiant évier, rigole ou encore gouttière.Un
siècle plus tard, par métaphore, dalle en vient à
signifier gosier.
- Mais il faut attendre
le XIXè siècle pour qu'apparaissent par métonymie
les expressions se rincer la dalle ou avoir la dalle en pente, pour
dire boire abondamment.
- Avoir la dalle,
ou la crever, signifient ensuite "avoir soif".
- Par extension,
on passe dans la foulée du boire au manger : avoir la dalle,
c'est aujourd'hui crever de faim.
- trad. : to
have the slab
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C'EST DU SERIEUX (10/2/09)
- Dès l’après-midi
du 8 janvier 2008, l’expression employée le matin même
dans sa conférence de presse par le président de la République
était sur toutes les lèvres.
- Elle y est curieusement
encore, notamment dans les entreprises.
- D’un appel
d’offres à ne pas manquer, on dit maintenant : c’est
du sérieux.
- Un gros calibre
rejoint la société : c’est du sérieux encore.
- Un client manifeste
son mécontentement : c’est du sérieux, toujours.
- Pourquoi cette
prégnance ?
- Risquons une explication.
- Le philosophe et
haut fonctionnaire Alexandre Kojève (1902-1968) disait que «
la vie est une comédie, mais il faut la jouer sérieusement.
»
- Beaucoup partagent,
sans la formuler, cette philosophie.
- L’expression
« c’est du sérieux », lancée de façon
incongrue dans les salons de l’Elysée, en est une illustration.
- L’utiliser
dans le langage courant, en particulier dans les entreprises, c’est
peut-être proclamer qu’on s’y reconnaît ?
- Traduction : this
is no joke!
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A LA BASE (9/2/09)
- Au commencement,
au départ, et au début ne sont plus dans la course.
- Dans le vocabulaire
de l’entreprise, à la base n’est vraiment en concurrence
aujourd’hui qu’avec en amont et à l’origine.
- Et il semble bien
qu’à la base se détache en tête.
- Comment expliquer
cette pole position ?
- Par l’euphonie
? Peu probable, à la base n’est franchement pas très
élégant.
- Par une réminiscence
des cours de géométrie ? De mauvais souvenirs pour beaucoup,
à écarter
- Par référence
aux structures syndicales ? Ah, Ah, Ah, très drôle !
- L’interprétation
est sans doute ailleurs : à la base signale une construction
ascendante, un tropisme montant, une démarche hiérarchique.
- Autant de repères
dont l’insuffisance perturbe souvent les salariés.
- Alors, dans l’inconscient
du langage, ils rétablissent des fondations.
- Et au recul de
l’amont, comme au big bang de l’origine, ils préfèrent
la solidité rassurante de la base.
- Traduction : basically.
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TIRAMITSU (8/2/09)
- Tiramisu vient
du vénitien tirime sù, « tire-moi en haut »,
ou plus poétiquement « emmène-moi au ciel ».
- Personne ne conteste
qu'il s'agisse d'un dessert d'origine italienne, élaboré
généralement avec les ingrédients suivants : œufs,
sucre, mascarpone, alcool (traditionnellement de l'amaretto), boudoirs
ou biscuits à la cuillère, café froid, cacao en
poudre.
- Mais au moins cinq
régions d'Italie — le Piémont, la Lombardie, la
Vénétie, le Frioul-Vénétie julienne et la
Toscane — s'en disputent la paternité.
- Certains lui voient
des origines aristocratiques chez le duc de Toscane au XVIè siècle.
- D'autres plutôt
du côté des courtisanes de Venise au siècle suivant.
- On prête
des vertus aphrodisiaques au tiramisu.
- Quoi qu'il en soit,
la présence du tiramisu est signalée un peu partout en
Europe dès le XVIIIème siècle.
- Et c'est aujourd'hui
un dessert universellement connu
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TOUT SE PASSE COMME SI (6/2/09)
- La formule est
ouvertement manipulatrice.
- Elle suggère
un lien de causalité tout en laissant entendre que celui-ci n’existe
pas.
- Il y a comme de
la calomnie dans ce tout se passe comme si… : il en restera toujours
quelque chose.
- Il demeurera en
effet dans l’imaginaire que deux phénomènes, dont
on n’a nullement démontré qu’ils étaient
dépendants, ont peut-être des facteurs communs : tout se
passe comme si…
- Puissante formule
rhétorique capable, en associant sans justification deux idées,
tout à la fois de provoquer la curiosité et de susciter
le doute.
- Il peut arriver,
certes, que l’expression soit appelée pour aller vite.
- Mais le plus souvent,
c’est lorsqu’on manque de preuves qu’elle est convoquée.
- Parade : demander
pourquoi ?
- En anglais : as
if
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MAIN STREET, LES VRAIS GENS (5/2/09)
- Qu’ont en
commun les Franciliens qui protestent contre la SNCF, la cliente du
supermarché qui commente pour la télévision le
prix des légumes ou encore ce patron de PME qui doit s’adresser
au médiateur pour obtenir le renouvellement de son crédit
?
- Ce sont des vrais
gens.
- Main street, dit-on
aux Etats-Unis.
- Les partis politiques
se les disputent.
- Longtemps, l’expression
n’a guère circulé dans les entreprises.
- Pour une raison
simple : s’il arrive à la sphère politique d’être
déconnectée de la réalité, les entreprises
semblaient incarner par construction le monde réel.
- Mais voilà
qu’on commence à y entendre évoquer les gens vrais.
- C’est donc
qu’il y en a qui sont perçus comme faux.
- Effet de la crise
: on a tendance à juger improbable, artificiel, voire faux, tout
ce qui est associé aux illusions de l’économie virtuelle.
- Et avec le doute
qui s’installe sur les compétences de ses défenseurs,
émerge une nouvelle confiance en ceux qui sont dans le concret
: les gens... vrais.
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LA LANGUE DE BOIS (3/2/09)
- Elle nous semble
avoir toujours existé, cette expression, et, pourtant, elle a
moins de trente ans.
- La langue de bois
nous vient en effet des Polonais qui, dans les années de Solidarnosc,
s'approprie l’expression russe langue des arbres, en vigueur depuis
les tsars, pour qualifier le discours creux du pouvoir officiel.
- La formule française
a depuis fait un beau parcours, au point d’inspirer à son
tour le wooden language des Anglo-Saxons.
- La forme et la
fonction de la langue de bois dans la sphère politique sont d’évidence
: il s’agit en quelque sorte de parler pour ne rien dire.
- Son succès
ne surprend guère : obligée de s’exprimer souvent
mais avec prudence, la classe politique a appris à délivrer
une eau tiède, dont chacun mesure la vacuité, mais qui
occupe l’espace et le temps de la vie citoyenne.
- Avec leurs contraintes
économiques, les entreprises ne devraient pas pouvoir s’offrir
le luxe de la langue de bois.
- Et pourtant, celle-ci
y prospère.
- C’est que,
tels les hommes politiques, les entreprises sont devenues des machines
à communiquer : les obligations de communication y sont devenues
si nombreuses que le risque apparaît de parler pour ne rien dire.
- Passez au hasard
en revue les sites web de quelques sociétés, y compris
les plus grandes : vous observerez que bon nombre des formulations pourraient
se transposer sans inconvénient d’un site à l’autre.
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BACK OFFICE (2/2/09)
- Il fut un temps
où les commerciaux avaient des patrons et des assistantes.
- La vie était
simple.
- Quand on hésitait
sur un prix, on disait qu’on allait en référer à
sa direction.
- Et pour les questions
administratives, on orientait vers les assistantes.
- S’il y a
encore des patrons, les assistantes se font plus rares.
- Blackberry en poche
et PC dans sa sacoche, le commercial d’aujourd’hui doit
tout faire.
- Comment éviter
alors d’affronter en première ligne les difficultés
logistiques qu’on transmettait autrefois à l’assistante
?
- Il suffit d’invoquer
le back office.
- « Je vais
voir avec mon back office » fonctionne comme une formule magique.
- Elle donne un air
de process à une organisation qui souvent en manque.
- Peu importe ensuite
que le commercial soit généralement son propre back office
: il aura gagné du temps.
-
LOBBYING (30/1/09)
Enfin
une alternative acceptable pour évoquer le lobbying à Bruxelles
(bien plus actif qu'à Washington, de nos jours) :
- "Influençage" ! Eh oui, il fallait y penser !
- Et les lobbyistes
: des "influenceurs" !
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BÊTA (29/1/09)
- On retrouve la
lettre bêta en mathématiques, en physique et en informatique (qui
ne se souvient des bêta versions d'Alta Vista).
- Dans le domaine
du décisionnel, si l’erreur de type alpha consiste à tenir pour
vrai ce qui est faux, celle de type bêta est d’estimer faux ce qui
est vrai.
- En matière de
logiciel, une version bêta est une version de test.
- Et un site bêta
: un client pionnier qui accepte de tester un produit qui n’est
pas encore stabilisé.
- De nombreux services
web affichent encore la lettre bêta sur leurs pages d’entrée longtemps
après leurs ouvertures.
- La lettre bêta
porte ainsi un double imaginaire.
- D’un côté, on
lui associe une dimension scientifique.
- De l’autre, elle
participe de la démarche expérimentale, de l’empirisme.
- Plutôt qu’un
long plaidoyer pour expliquer que ce que l’on propose n’est pas
achevé, pourquoi ne pas simplement dire qu’il s’agit d’une version
bêta ?
- Chacun comprendra
que le travail est sérieux, mais qu’il mérite encore l’indulgence.
- C'est l'excuse
du gros bêta...
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GUICHET-DEPART (28/1/09)
- C’est au cours
des années 80 que l’euphémisme s’est imposé dans le langage des
ressources humaines, et qu’aux licenciements se sont substitués
les plans sociaux ou de sauvegarde de l’emploi.
- Chaque fois le
principe est le même : il s’agit de positiver.
- Les guichets-départs
sont plus récents, mais ils relèvent de la même philosophie.
- Il est en effet
devenu courant, dans le cadre des plans de sauvegarde de l’emploi
(PSE), de proposer des dispositifs de départ volontaire.
- Peut-être parce
qu’il est arrivé qu’on y fasse la queue, les services chargés de
prendre en charge et d’orienter les salariés concernés sont habituellement
qualifiés de guichets-départs.
- Et par synecdoque,
cette figure de style consistant à prendre la partie pour le tout,
le guichet-départ prend progressivement le relais du PSE pour dire
licenciement.
- Là où les réductions
d’effectifs paraissent tournées vers le passé, les guichets-départs
passent pour porteurs d’avenir.
- On les met en
avant : avec la crise, ils prospèrent dans la communication des
entreprises.
- Intraduisible,
dans l'état actuel des choses.
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KGB,
SVP ! (27/1/09)
- L'élément
commun entre la police de l'ex-URSS et le service téléphonique américain
KGB est que l'un et l'autre savent tout.
Pour 50 cents, on peut en effet, aux États-Unis, poser n'importe
quelle question par SMS à la société KGB : on vous répondra par
le même canal, en quelques mots.
- Il
faut compter deux à quatre minutes pour la réponse.
- Un
milliers d'experts, généralement installés à leurs domiciles, se
partagent les réponses selon le domaine de la question.
- Google
et Yahoo proposent déjà des services de même nature.
- Ceux-ci
ne coûtent que le prix de l'envoi d'un SMS, mais le champ qu'ils
couvrent se limite aux adresses de restaurants, horaires d'avions
et autres informations logistiques élémentaires.
- Avec
le KGB, on peut poser tout type de questions, y compris d'ordre
métaphysique.
- C'est
l'équivalent de l'ancien service téléphonique SVP français.
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MADOFF
EMULE DE PONZI (26/1/09)
- Une
chaîne de Ponzi est une forme d'escroquerie par cavalerie, fonctionnant
par effet boule de neige, consistant en la promesse de profits très
intéressants, financés par l'afflux de capitaux investis progressivement,
jusqu'à l'explosion de la bulle spéculative ainsi créée.
Ce système tire son nom de Charles Ponzi, célèbre pour avoir mis
en place une fraude postale aux États-Unis dans les années 20, fondée
sur ce principe.
- Né
Carlo Ponzi en Italie en 1882, Charles Ponzi immigre aux États-Unis
en 1903.
- Après
de petits métiers et quelques menues escroqueries, Ponzi rejoint
à Montréal la Banco Zarossi, une banque spécialisée dans les services
aux immigrants italiens.
- La
Banco Zarossi propose aux épargnants des taux de placement deux
fois supérieurs à ceux du marché : elle fait faillite en 1908.
- Dans
l'intervalle, Ponzi a appris le métier et imité la signature de
son patron pour se livrer à quelques opérations personnelles.
- Condamné
à passer trois ans dans un pénitencier du Québec, Ponzi retourne
ensuite aux États-Unis où il est à nouveau emprisonné deux ans comme
immigrant illégal.
- En
1920, Charles Ponzi a sa grande idée de combine financière.
- Avant
la Première Guerre mondiale, l'Union Postale Universelle avait mis
en place un dispositif permettant d'acheter dans un pays des coupons
de réponse postale échangeables contre des timbres dans un autre
pays.
- Les
parités d'échanges, fixées avant-guerre à une époque où les monnaies
étaient stables, n'avaient pas été modifiées à l'issue du conflit
: on pouvait ainsi acheter à bas prix en Italie des coupons postaux
échangeables contre des timbres postaux américains en dollar de
valeur élevée.
- Ponzi
met à profit cette anomalie pour organiser un vaste circuit d'arbitrage.
Le système n'est pas illégal : Ponzi s'enrichit vite et distribue
d'impressionnantes commissions à ses intermédiaires, puis des intérêts
colossaux à ceux qui investissent dans le dispositif.
- Mais
on finit par s'apercevoir que Ponzi détourne une partie des revenus
et que la mécanique fonctionne sur le principe de la cavalerie :
les nouveaux clients payent pour les précédents.
- Ponzi
a, entre-temps, déposé les sommes détournées à la Hanover Trust
Bank de Boston, dont il espère prendre le contrôle.
Mais la manoeuvre est repérée : Ponzi est à nouveau poursuivi.
- Il
réussit à s'échapper en Floride, où il se lance dans l'immobilier,
mais est vite, une fois de plus, condamné et incarcéré pour de nouvelles
escroqueries.
N'étant pas naturalisé Américain, il est expulsé en Italie à sa
libération en 1934.
- Il
meurt en 1948 au Brésil.
- Sa
devise : "I looked for troubles -- I found them!"
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MARQUEUR (23/1/09)
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DAMOCLES SWORD (22/1/09)
- Cicéron
et Horace nous ont transmis l'histoire.
- Damoclès,
un courtisan, ne cessait d'envier son maître, Denys, le tyran de
Syracuse.
- Pour
lui montrer que, malgré sa richesse, la position de prince n'était
pas si enviable, Denys fit asseoir Damoclès sur son trône et lui
organisa un fastueux banquet.
- Mais
il fit suspendre au-dessus de sa tête une épée, retenue par un mince
fil de lin.
- Installé
sous ce glaive menaçant, Damoclès ne prit guère de plaisir au banquet.
- C'est
à partir du début du XIXe siècle que l’épée de Damoclès s’impose
dans notre langage comme synonyme de menace.
- Dans
les entreprises, l’épée de Damoclès est devenue synonyme de danger.
- Autant
dire qu’elle est omniprésente.
- Faut-il
lui préférer le siège éjectable ?
- Du
siège éjectable, on sort vivant, mais en perdant l’avion.
- L’épée
de Damoclès ne tombe jamais, mais inquiète toujours.
- Comment
trancher ?
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LE
POINT SUR LE HOMARD A L'AMERICAINE (21/1/09)
- Les
États-Unis ne sont pas pour grand-chose dans cette invention bien
française qu’est le homard à l’Américaine.
- Pierre
Fraisse, natif de Sète, de retour d’Amérique où il avait fait, comme
chef, un séjour à Chicago, fonda en rentrant à Paris vers 1860 le
restaurant, vite à la mode, Peter's.
- Un
soir, alors qu'il s'apprêtait à fermer, une dizaine de convives
insistèrent pour commander du poisson.
- Il
ne restait que des homards vivants, prévus pour le lendemain, et
plus le temps de les faire cuire au court-bouillon.
- Sous
le coup de l’inspiration, Fraisse jeta dans une casserole du beurre,
des tomates, de l’ail pilé, de l’échalote…puis du vin blanc, un
peu d’huile, enfin une bonne dose de cognac.
- Quand
tout fut arrivé à ébullition, le chef se dit qu'il n’y avait qu’un
moyen pour que le homard cuise vite, c’était de le découper en morceaux
et de les jeter dans la sauce.
- Le
résultat fut éclatant.
- Enthousiasmés, les clients demandèrent comment se nommait ce plat
nouveau et savoureux.
- Et
Pierre Fraisse, encore sous le coup de l’influence de son récent
séjour en Amérique, de répondre : "Homard à l’Américaine".
- Il
existait déjà certes des sauces voisines en Provence et en Languedoc,
mais c'est chez Peter's qu'on y accommoda pour la première fois
le homard.
Ce qui donna au poète Raoul Ponchon l'occasion d'un délicieux quatrain
:
Une Américaine était incertaine
Sur
la façon de cuire un homard.
Et si nous remettions la chose à plus tard ?
Dit le homard à l’Américaine.
N.B.
Le homard est un casse-tête pour le traducteur. En effet, sur la côte
est américaine, il n'a pas de pinces (mais il se nomme crayfish),
alors que la langouste (lobster) est armée de puissantes
claws
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VOLENS
NOLENS (16/1/09)
- Volens est le participe présent du verbe volo
: je veux
- Et
nolens le participe présent du verbe nolo : je ne veux pas
- Nolens
volens - ou volens nolens - signifie ainsi : le voulant ou ne le
voulant pas.
- Avant
de s’imposer dans le langage courant, l’expression s’est établie
dans le droit romain.
- Il
y a dans le nolens volens une forme de transcendance : s’il n’y
a pas le choix, c’est parce qu’une exigence supérieure s’impose.
- Dans
l’entreprise, il arrive qu’on doive imposer une décision sans discussion
possible.
- On
peut alors dire qu’il faudra s’y plier bon gré mal gré, ou encore
qu’on le veuille ou non.
- On
risque alors d’être taxé au mieux d’abus de pouvoir, au pire d’obéissance
aveugle.
- Pourquoi
ne pas utiliser alors le nolens, volens ?
- La
formule porte encore, dans son imaginaire, une dimension de fatalité.
- Elle
met tout le monde dans le même bateau.
- À
défaut de liberté, elle respire l’égalité et la fraternité... willy
nilly
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MOLOTOV (14/1/09)
- Le
terme « cocktail Molotov » est un hommage ironique des soldats finlandais
à Viaftcheslav Molotov, ministre des Affaires étrangères de l'Union
soviétique durant la Seconde Guerre mondiale.
- En
novembre 1939, l'URSS envahit en effet la Finlande : c'est le début
de la guerre dite d'Hiver.
- Quand
Molotov prétend dans des émissions de radio que l'Union soviétique
ne bombarde pas mais nourrit plutôt les Finlandais affamés, ceux-ci
commencent à appeler les bombes aériennes soviétiques les « paniers
pique-nique de Molotov ».
- Bientôt
ils répondent en saluant l'avancée des chars soviétiques avec des
« cocktails Molotov » (Molotovin cocktail).
- D'abord,
le terme est employé pour décrire seulement le mélange brûlant lui-même,
mais dans l'utilisation pratique le terme a été bientôt appliqué
par métonymie à la combinaison de la bouteille et de son contenu.
- L'utilisation finlandaise de cette bombe incendiaire à main
se répand très vite à travers toute l'Europe durant la guerre, malgré
les dangers de son utilisation.
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POMODORO (13/1/09)
- Les
conquistadores découvrent au XVIe siècle une plante cultivée dans
toute l'Amérique du Sud.
- Ses
petits fruits sont jaunes et son nom aztèque est tomatl.
- Ils
en envoient quelques plants en Espagne.
- Mais
cette plante y est longtemps considérée comme vénéneuse : les plants
de tomatl ne jouent donc d'abord qu'un rôle décoratif.
- Ce
n'est que vers 1750 que les premiers plants arrivent en Italie,
puis en Provence, et que l'on découvre avec surprise les qualités
gustatives de ce fruit jaune qu'on appela dès lors "pomo d'oro",
la pomme d'or.
- Par
la grâce de savants jardiniers, la tomate commence à arborer la
belle couleur rouge que nous lui connaissons.
- Au
milieu du XIXe siècle., elle est couramment cultivée et consommée
tant crue que cuite ou comme condiment.
- Dans
nombre de pays européens, le mot qui désigne la tomate découle de
l'aztèque, sauf en Italie où on l'appelle toujours pomodoro, en
Lituanie (pomidoru) ou en Polonais (pomidor).
- Autrement,
dans l'Europe de l'Est, la racine paradajz (croate) prédomine.
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TRADUCTION AUTOMATIQUE (13/1/09)
- Les
utilisateurs des outils de traduction automatique de Google le savent
bien : la diversité des langues accessibles et la qualité des restitutions
se sont beaucoup améliorées depuis quelque temps.
- Progrès
de la linguistique ?
- Pas
uniquement.
- C’est
d’abord à la puissance de calcul et de stockage informatiques que
l’on doit cette avancée.
- Les
procédés de traduction aujourd’hui utilisés s’appuient en effet
sur l’approche dite « statistique », qui consiste à aller rechercher
dans des bases de données historiques des expressions déjà traduites
ailleurs, avec leurs contextes.
- On
multiplie ainsi les chances de viser juste.
- C’est
par la démultiplication de ses bases de données que Google a pu
améliorer ses performances en matière de traduction.
- Pour
être optimal, un dispositif de traduction automatique gagne à coupler
la méthode statistique avec l’approche linguistique.
- Celle-ci
a également bien progressé au cours des dernières années.
- Mais
son impact est moindre que celui de la méthode statistique
NB
: cet article a généré de nombreux témoignages (hilarants) infirmant
cet optimisme

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