LA DANSE DES MOTS, billet quotidien, avec Oomark 

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DECODER LE MARRIAGE (31/3/09)

  • Outre-Atlantique, le marriage obéit à certaines convenances.
  • En voici un rapide décodage (à bride abattue).
  • Là-bas, la jeune mariée portera Something old, Something new, Something borrowed, Something blue
  • Mais que recouvre cette aimable allitération ?
  • Porter une vieillerie assure un lien avec la famille. Ce peut être un accessoire porté par une vague grand-mère.
  • Arborer un vêtement neuf assure un succès post-convolage. La robe de la mariée, préjugée neuve, tient évidemment ce rôle
  • L’emprunt, c’est l’assurance contre l’usure. Famille et amis seront toujours là pour les coups durs. Un bijou emprunté à une femme mariée – et partant sereine – fera l’affaire.
  • Le bleu, c’est la couleur du voile de la Vierge, reflet de la pureté que d’aucuns lui attribuent. D’où une jarretière à ruban bleu, qui donne pourtant lieu à des taquineries que ladite Vierge réprouverait.
  • Le symbole de l’alliance n’est en revanche pas spécifiquement anglo-saxon ; le cercle que forme l’anneau est le symbole de l'amour éternel (rien à voir avec un cercle infernal).
  • À noter une amusante symétrie : l’alliance adopte une conduite à droite outre-Manche (pour ces dames seulement) et outre-Atlantique, mais une conduite plutôt à gauche en Europe continentale.
  • Et outre-Atlantique, on lance du riz sur les jeunes mariés, résurgence d’un rite païen favorisant une union fructueuse. Ici, on ne jette point la nourriture. D’où l’usage des confettis.

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GREENWASHING (30/3/09)

  • Le greenwashing est le procédé de marketing visant à donner au public une image écologique responsable alors que les moyens investis en publicité dépassent les actions énoncées en faveur de l’environnement.
  • Le terme est une contraction des mots green, vert et whitewash, blanchir (dans le sens de blanchiment).
  • Par des associations captieuses, des allégations hardies ou divers labels autodéclaratifs, les publicitaires sont en effet en train de se shooter au vert.
  • Il s’agit de forger un capital de sympathie auprès des écoconsommateurs, chaque jour plus nombreux.
  • Au mieux, on met l'accent sur une caractéristique d'un produit qui présente un aspect écolo et on zoome dessus.
  • Au pire, on roule le consommateur dans la farine (qui elle, a subi un blanchissage).
  • C’est ainsi qu’on marie un 4x4 à un ours, une extraction de brut à une éolienne, une bétonnière à des pics enneigés…
  • En réponse, les sites dénonçant l’endoctrinement publicitaire se multiplient.
  • Ecoblanchiment ? Ecorécup’ ? Ecomascarade ? Eco-tartufferie ? Façade verte ? Laver plus vert que vert ?
  • La traduction de greenwashing se cherche encore.

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Nemo auditur propriam turpitudinem suam allegans (27/3/09)

  • Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude : c’est ainsi qu’on traduit généralement l’adage de droit romain Nemo auditur propriam turpitudinem suam allegans.
  • Le principe est simple : on ne peut pas demander réparation en justice pour ce dont on est responsable.
  • Mais il se trouve que reprocher aux autres ses propres turpitudes est un comportement courant, et pas seulement dans l’entreprise.
  • Des décrets par-ci, des indignations par-là, le Nemo auditur propriam turpitudinem suam allegans en absoudra plus d’un.

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ETRE CHOCOLAT (26/3/09)

  • Comme souvent, on attribue à l'expression " être chocolat " des origines multiples.
  • Une allitération de knock-out (K.O), qui serait devenu moka, puis chocolat.
  • Une référence, à la fin du 19e siècle, aux clowns Footit et Chocolat (Chocolat étant un Auguste noir).
  • La plus probable pourtant semble issue de ce jeu de rue appelé le bonneteau, proposé à la sauvette sur les marchés et dans les lieux publics, où le manipulateur fait deviner au joueur l'emplacement d'une carte parmi généralement trois.
  • Aux côtés du manipulateur, également appelé bonneteur, on trouve généralement un complice qui gagne régulièrement et incite les passants à tenter leur chance.
  • Le rôle de ce compère est de " faire le chocolat ", c'est-à-dire de jouer l'appât, la gourmandise qui attire le nigaud.
  • Par métonymie, " le chocolat " serait devenu le joueur trompé.
  • Variante : être marron
  • En anglais, évitez to be chocolate, mais optez plutôt pour to be uncooth, to have been had, to be thwarted...

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DOUBLON & COQUILLES (25/3/09)

  • Vous avez été nombreux à me faire remarquer que le thème de la traduction automatique avait déjà été traité.
  • Vous me lisez donc.
  • Vous en êtes aujourd’hui récompensé :
  • Avant de rédiger son oeuvre maîtresse, LE QUATUOR D'ALEXANDRIE, Laurence Durrell avait relaté ses expériences du corps diplomatique anglais (dont il faisait partie) sur un ton d'une inénarrable drôlerie.
  • Voici un extrait de ESPRIT DE CORPS (avec l'aimable autorisation des Editions du Nil) dans lequel l'auteur raconte les tribulations du Central Balkan Herald, journal perpétuellement confronté aux problèmes de traduction...
  • Et à ce propos, admirons la virtuosité du traducteur, Jean Rosenthal, dont la tâche a, il est vrai, été simplifiée par l'écriture totalement limpide de l'original.
  • Régalez-vous maintenant sur http://www.edit.fr/coquilles.htm

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BEOTIEN OU PROFANE ? (23/3/09)

  • En entreprise, quand on s’aventure à s’exprimer sur un sujet qu’on maîtrise mal, il est courant de faire précéder son intervention par un « Je suis totalement béotien », ou encore un « Je suis parfaitement profane ».
  • · On les utilise indifféremment, pensant qu’elles valent toujours mieux qu’un banal « Je n’y connais rien ».
  • · Mais méfiance !
  • · Dans l’Antiquité, les habitants de la Béotie, une région de la Grèce centrale, étaient réputés pour leur lourdeur et leur grossièreté.
  • · Profane, du latin profanum (de pro « devant » et fanum « lieu consacré ») signifie : qui n'est pas consacré, qui n'est pas initié, ignorant.
  • · Aussi, à tout prendre, mieux vaut sans doute s’afficher profane que béotien !

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LE REGIME DES VACHES (19/3/09)

  • Selon la Genèse, Pharaon s’est vu annoncer dans un rêve deux périodes successives, l'une de sept années d'abondance - symbolisée par sept vaches grasses - puis une autre de sept années de disette, représentée par sept vaches maigres.
  • Nos expressions de vaches grasses et maigres en sont issues.
  • Mais bien qu’on en ait généralement oublié le fondement, les formules conservent de leur origine une dimension inconsciente d’alternance.
  • Choisir de parler de période de vaches maigres, plutôt que d’évoquer par exemple le fait de se serrer la ceinture, c’est sous-entendre que suivra une période de vaches grasses.
  • Il y a en ce sens une forme d’optimisme dans l’expression.
  • Aussi n’est-il pas surprenant qu’elle ait les faveurs de l’entreprise.
  • En espérant que, contrairement à celles de la Bible, les périodes ne s’étalent pas sur sept années.

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CARACTERES ANTIQUES (18/3/09)

  • C'est la publicité naissante du début du XIXè siècle qui est à l’origine de la création des caractères typographiques modernes sans empattements. On les qualifie cependant d'antiques.
  • Quand apparaît la publicité dans les journaux et sur les affiches de la première moitié du XIXème siècle, les caractères utilisés traditionnellement dans l'imprimerie comportent des empattements et de fréquents pleins et déliés.
  • Ils supportent mal les graisses (épaisseur du trait) importantes.
  • Ils se prêtent également difficilement aux rapprochements serrés de lettres.
  • On invente alors de nouvelles polices de caractères, plus étroits, sans fioritures ni empattements, et de ce fait plus facilement lisibles à distance :
  • Arial (EDIT) ou Times (EDIT)
  • Inspirées d’anciens caractères grecs, ces nouvelles polices sont baptisées « antiques ».
  • D’usage courant aujourd’hui, c’est à la publicité qu’on les doit.

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LA DANSE DES MAUX (17/3/09)

  • « Sape publicitaire » pourrait traduire le mot valise subvertising construit à partir de subvert (détourner, miner, démolir) et advertising (publicité).
  • Le champ du subvertising est large : du graffiti sur une affiche électorale jusqu’à la campagne de communication destinée à railler un concurrent commercial ou ridiculiser un adversaire politique.
  • Avec le web 2.0, les opérations de subvertising se multiplient.
  • Il arrive que certains minages publicitaires connaissent sur le web un succès plus vaste que les opérations dont ils sont issus.
  • Plutôt que de rechercher son improbable interdiction, les entreprises mises en cause ont de ce fait intérêt à s’approprier le subvertising.
  • « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur », proposait Cocteau.
  • Un nombre croissant d’entreprises suivent cet aphorisme et réservent une partie de leur communication à l’autodérision.
  • EDIT, la meilleure société de traduction au monde, dites-vous ? Tu parles !

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PICASSO, CLIO ET LES AUTRES (16/3/09)

  • L’élaboration d’une voiture suit un processus logique.
  • Mais lui trouver un nom relève du casse-tête chinois, comme nous l’allons voir.
  • L’Iq (quotient intellectuel) est la réponse de Toyota à la bergère : le concurrent à abattre se nomme Smart (intelligente).
  • Pourquoi croyez-vous que BMW s’accroche à ses Séries, que Jaguar ne démorde pas de ses Types, ou que Mercedes lutte pour ses Classes ?
  • Certains lancent des associations allégoriques : Scirocco (VW).
  • Ou explicites : Volt pour la voiture électrique de Chevrolet.
  • Ou carrément mensongères : L’Austin Mini n’a rien de mini, et la Cube de Nissan ferait frémir n’importe quel géomètre.
  • De surcroît, les procès sont toujours en embuscade.
  • La Porsche 911 devait se nommer 901, mais Peugeot détient un brevet protégeant tous les nombres comportant un 0 entouré de deux chiffres.
  • A court d’idées, Citroën a cassé sa tirelire pour s’approprier Picasso.
  • En dernier recours, reste l’ordinateur, qui génère des noms aléatoires : Safrane, Mégane (Renault), Zafira, Insignia (Opel).
  • Et il y a bien sûr les ratés.
  • Le Kangoo Be Bop évoque la danse de Saint-Guy, très éloignée d’une idée de confort.
  • Le coupé Mito d’Alfa-Romeo suscite une bien fâcheuse allitération.
  • Sans oublier la déroute historique de Toyota lors de la présentation du MR2 sur le marché français, qui s'était déjà fait refiler une bonne HIACE
  • En Espagne, Pajero évoque des plaisirs qu’on n’éprouve pas particulièrement en voiture. Mitsubishi a dû la renommer Montero.
  • Et associer une voiture à des crottes de nez, c’est limite ; Nissan devra trouver autre chose pour son Moco

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SOLUTIONS (13/3/09)

  • · Les vendeurs préfèrent aujourd’hui parler de solutions plutôt que de produits : ils s’élèvent dans la chaîne de valeur et, partant, augmentent leur marge.
  • · Plus curieux est le fait que les fournisseurs de services aient aussi tendance à qualifier leurs prestations de « solutions ».
  • · C’est peut-être qu’il y a dans l’idée de solution autre chose que la volonté d’enjoliver ce qu’on propose.
  • · S’il y a solution, c’est en effet qu’il y a problème, quelque part en amont.
  • · Encore faut-il le diagnostiquer.
  • · En annonçant qu’on est vendeur de solutions, on se place d’emblée en posture de conseil.
  • · Longtemps, les slogans commerciaux ont promis le conseil en plus.
  • · Une façon de se différencier tout en élevant le niveau.
  • · Devenue ringarde, la formule n’est plus guère productive.
  • · Désormais, on apporte une solution.
  • · Le concept commercial trouve son origine, of course, Outre-Atlantique
  • · Nous n’avons jamais quitté l’OTAN linguistique.
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    VENDREDI 13 (12/3/09)
  • Épisodiquement, le vendredi 13 vient infirmer le caractère rationnel de peuples par ailleurs éclairés.
  • L’événement revient au moins une fois par an, mais 3 fois en 2009.
  • Sur l’interprétation de cette conjoncture, on se perd en conjectures.
  • Dans une culture duodécimale (12 mois, 12 heures, 12 signes du zodiaque, 12 travaux d’Hercule, 12 tribus d’Israël, une douzaine d’œufs…), le chiffre 13 serait peut-être malvenu.
  • Le Vendredi saint, jour de la Crucifixion, fur l’aboutissement d’un processus débuté au cours de la cène, où le 13e invité était Judas.
  • Manquait celui qu’on appelle aujourd’hui le quatorzien à table.
  • Les Chevaliers du Temple ont été arrêtés un vendredi 13 (1306).
  • La mythologie norvégienne évoque aussi un dîner des gud dans leur Olympe appelé Valhalla. Ils étaient 12 lorsque le méchant Loki s’invita, créant une telle zizanie que les aurores boréales en tremblent encore.
  • Nos amis étatsuniens ne sont pas épargnés par ce phénomène.
  • D’ailleurs, le chiffre 13 croupit à Guantanamo : pas de 13e étage, pas de chambre 13 dans les hôpitaux, pas de 13e rue, pas de rangée 13 dans les avions.
  • Chaque vendredi 13 engendre un manque à gagner d’un milliard de dollars pour les compagnies aériennes US.
  • En Amérique latine, c’est le mardi 13 qui est stigmatisé
  • En Italie, on se méfie du nombre 17
  • En Chine, c’est le chiffre 4 qui suscite la méfiance (« sèè » prononcé avec une tonalité différente, signifie la mort), alors que le chiffre 8 est carrément porte-bonheur « ba » étant une assonance de « fa », la fortune. D’où le 8 août pour le démarrage des JO de Pékin.
  • Une chance en tout cas : la mondialisation n’a pas encore asservi les lubies.
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IN CAUDA VENENUM (11/3/09)

  • In cauda venenum : le venin est dans la queue.
  • C’est par allusion au scorpion que les Anciens avaient forgé le proverbe.
  • Longtemps, l’expression est demeurée la chasse gardée des latinistes.
  • Elle rejoint aujourd’hui le langage courant pour signaler que le pire est à la fin.
  • Les occasions de pratiquer l’in cauda venenum sont fréquentes dans l’entreprise.
  • Il est en effet dans la nature humaine de ne pas annoncer d’emblée la gravité d’une situation.
  • Ainsi, celui qui est fortement en retard dans son budget commencera sa présentation par des considérations générales avant d’oser affronter la gravité des chiffres.
  • Lancer ses flèches en péroraison d’un discours d’abord flatteur relève de la même pratique : in cauda venenum.
  • Un conseil donc : si vous sentez que l’orateur a cherché à vous anesthésier avant d’aller à l’essentiel, lancez un in cauda venemum !
  • Comme toujours avec les formules latines, vous gagnerez sur plusieurs niveaux.Non seulement vous paraîtrez branché sans être pédant, mais vous déconstruirez en trois mots tout l’habillage de votre interlocuteur.
  • Et comme chacun est tout à tour orateur et auditeur, autre conseil pour éviter les flèches de l’in cauda venenum : évoquez d’entrée ce qui importe. In capita venenum, en somme.
  • Bernard Madoff et ses victimes ont perdu leur argent et donc leur latin. Mais leur reste leur langue vernaculaire :The worst is yet to come.
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ILS DEGUSTENT (10/3/09)

  • Les sept palaces parisiens* subissent actuellement une baisse considérable de fréquentation.
  • Les happy few souffrent visiblement.
  • Mais, au faîte de leur abondance, ils ne savouraient pas les instants que le monde entier leur enviait pourtant.
  • Ils étaient blasés.
  • Aujourd’hui l’assèchement des banques leur procure une dimension émotionnelle bien plus grandiose : la dèche.
  • Faute d’avoir savouré, ils dégustent.
  • Et le concierge bilingue - à court de pourboires - de marmonner : they are in for it.

*Le Meurice, le Plaza Athénée (mes préférés, il n’y a pas si longtemps), le Ritz, le Crillon, le Bristol, le Fouquet’s, le George V.

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COCKTAIL MOLOTOV (9/3/09)

  • Le terme « cocktail Molotov » est un hommage ironique des soldats finlandais à Viatcheslav Molotov, ministre des affaires étrangères de l'Union soviétique durant la Seconde Guerre mondiale.
  • En novembre 1939, l'URSS envahit en effet la Finlande : c'est le début de la guerre dite d'Hiver.
  • Quand Molotov prétend dans des émissions de radio que l'Union soviétique ne bombarde pas mais nourrit plutôt les Finlandais affamés, ceux-ci commencent à appeler les bombes aériennes soviétiques les « paniers pique-nique de Molotov ».
  • Bientôt ils répondent en saluant l'avancée des chars soviétiques avec des « cocktails Molotov ».
  • D'abord, le terme est employé pour décrire seulement le mélange brûlant lui-même, mais dans l'utilisation pratique le terme a été bientôt appliqué par métonymie à la combinaison de la bouteille et de son contenu.
  • L'utilisation finlandaise de cette bombe incendiaire à main se répand très vite à travers toute l'Europe durant la guerre, malgré les dangers de son utilisation.
  • Elle atteint maintenant la Martinique où le rhum peut tout à fait faire office de combustible
  • En anglais : Molotov Cocktail
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GIROLLE OU GIROLE (6/3/09)

  • Le Conseil Supérieur de la Langue Française, un organisme affilié à l'Académie Française, a précisé dans le Journal officiel du 6 décembre 1990 que la girole ne prenait qu'un seul « l ».
  • La faute est pardonnable : il s'agit d'une anomalie.
  • L'Académie précise en effet qu'on écrit par exception avec un seul « l » (comme bestiole, camisole, profiterole, etc.) les noms suivants : barcarole, corole, fumerole, girole, grole, guibole, mariole, et les mots moins fréquents : bouterole, lignerole, muserole, rousserole, tavaïole, trole.
  • En cas de doute sur girole, on pourra toujours avoir recours à un synonyme : chanterelle (Cantharellus cibarius), chevrette, crête-de-coq, gallinace, galinelle . roussotte…
  • En anglais : chanterelle
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LA QUESTION EST DE SAVOIR SI (5/3/09)

  • On a longtemps dit : « La question est de savoir si... »
  • Une interrogation à triple détente, qui invitait à l’imagination, cet hommage du doute à l’intelligence.
  • Quoique courante encore, la formule s’efface aujourd’hui derrière sa version abrégée : « La question est : ».
  • L’anglais, une fois encore, est passé par là.
  • « La question est : », c’est la traduction du classique « The question is: », lui-même cousin du non moins populaire « The point is: ».
  • Quelle différence ?
  • Dans la version longue « La question est de savoir si… », l’expression laisse entendre qu’il pourrait ne pas y avoir de réponse.
  • Dans sa forme tronquée, elle attend au contraire impérativement une réponse.
  • Et c’est donc très naturellement que, sous l’effet du pragmatisme managérial, la variante raccourcie tend à prendre le dessus dans les entreprises.
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VIRELANGUES (3/3/09)

  • Bien s’exprimer en public, c’est une assurance-carrière complémentaire.
  • Les comédiens (et certains interprètes) s’exercent tous les jours pour se maintenir en forme.
  • La pratique du virelangue s’apparente pour eux à un jogging quotidien.
  • Essayez, vous progresserez :
  • Papier, panier, piano.
  • Seize chaises sèchent.
  • Cinq chiens chassent six chats.
  • Je veux et j’exige d’exquises excuses.
  • Fruits frais, fruits frits, fruits cuits, fruits crus.
  • Des blancs pains, des bancs peints, des bains pleins.
  • Tu t’entêtes à tout tenter. Tu t’uses et tu te tues à tant t’entêter.
  • Les acteurs anglais pratiquent également le tongue-twister :
  • Betty bought a bit of butter, but the bit of butter Betty bought was bitter.
    So Betty bought a better bit of butter, to make the bitter butter better.
  • Qui trouve son équivalent chez nous :
    Petit pot de beurre, quand te depetitpotdebeurreriseras-tu ?
  • Sur les rives du Pô : trentatré Trentini entrarono a Trento tutti e trentatré trotterellando
    sopra la panca la capra campa, sotto la panca la capra crepa

    ou: se l'arcivescovo di Costantinopoli si volesse disarcivescovoscostantinopolizzare, vi arcivescovocostantinopolizzereste voi per disarcivescovoscostantinopolizzare lui?
  • Outre-Rhin : Der Kotbusser Postkutschkutscher putzt den Kotbusser Postkutschkasten.
  • Je tiens une panoplie de virelangues à votre disposition
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ADVERTAINMENT (2/3/09)

  • Il y a de plus en plus de ces clips publicitaires dont on se demande où ils veulent en venir et qui s’achèvent par une simple allusion à la marque de l’annonceur.
  • Ils relèvent de la technique de l’advertainment.
  • Mot-valise formé à partir de advertising (publicité) entertainment (divertissement), l’advertainment est une méthode de promotion commerciale associant un message publicitaire à un moment ludique ou de détente.
  • Il peut s’agir d’une animation insolite sur un stand d’exposition, d’un happening dans la rue, d'une petite chronique innocente (euh ...) ou encore d’une film vidéo qui capte l’attention.
  • Dans ce dernier cas, les annonceurs proposent généralement une série de films, sans autre rapport avec la marque que d’être signés par elle, mais homogènes autour d’un style ou d’un thème, volontiers provocateur ou absurde.
  • Diffusées sur tous les médias, les vidéos sont relayées sur web par marketing viral.
  • A la longue, le spectateur-consommateur associe le genre cinématographique à la marque.
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CONCORDE (1/3/09)

  • Le Concorde vole pour la première fois le 2 mars 1969, pendant 42 minutes, à la vitesse maximum de 463 km/h.
  • On dit que le nom du supersonique franco-britannique aurait été proposé par le général de Gaulle lui-même.
  • Il prononce officiellement le nom "Concorde" le 13 janvier 1963 lors d'un discours de politique générale.
  • Le terme est adopté, sans le "e" final, outre-Manche dans les semaines qui suivent.
  • La concorde est un mot récurrent chez l'homme du 18 juin.
  • On le retrouve notamment dans son discours de fondation du RPF, le 7 avril 1947, à Srasbourg.
  • Parlant de l'action sociale, à la veille des grands conflits sociaux du printemps 47, le général lance une belle formule : c'est la voie de la concorde et de la justice fructifiant dans la liberté.
  • Nul doute qu'en suggérant Concorde pour l'avion franco-britannique, il voyait au-delà du seul aéronef.
  • A noter que concord n'est pas la traduction de concorde. L'anglais concord signifie concordance (des temps) ou concertation.
  • Mais, bon, le Concord méritait bien sa place...

 

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